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Semaine 44 2020

Tracts, textes & affiches

Caisse de soutien à B. incarcéré à Nancy dans le cadre d\'une enquête portant sur l\'incendie de plusieurs antennes relais
Toulouse : lettre de deux personnes de la MAF de Seysses
Italie : Le procès Bialystok commencera en décembre. D’autres compas participent à la grève de la gamelle
Aux compagnons et aux compagnonnes anarchistes. Quelques réflexions générales depuis la prison
Chili : Communiqué de prisonnier-es de la guerre sociale d’hier et d’aujourd’hui pour la destruction de la société carcérale
Prison de Santiago 1 (Chili) : Appel pour le 18 octobre
(Toulouse) Discussion. Face à la répression, vers une solidarité en actes et en mots ! Par les mots pour cette fois...
Prison de Piacenza (Italie) : Natascia commence une grève de la faim
Zones sans-flics : réflexions à partir d\'expériences autonomes aux USA (1/3)
Prison de Latina (Italie) : « Solidarité entre prisonnier.e.s anarchistes ». Un texte de Francesca
Commentaires désobligeants (de 2020)

Brèves internationales

Iquique (Chili) : l’acharnement finit par payer
Santiago (Chili) : la seule église qui illumine…
Bloquons le Canada
Chili : Tamara Sol est complètement libre
Malmö (Suède) : cramer les voitures des riches
Naples (Italie) : le couvre-feu sent le brûlé

Brèves de l'ennemi

Le chiffre du jour : 3019 amendes en deux jours
Affiche : Mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès en Itaie
Le chiffre du jour : déjà 4777 amendes pour non-respect du couvre-feu
Calais: la saga des expulsions continue
Montreuil, Bagnolet et Paris : Quelques photos d’un collage de soutien aux 7 de Toulouse et contre la gentrification de nos quartiers

Brèves nationales

Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme) : la cage technologique perd un de ses barreaux
Face au couvre-feu, partageons nos digicodes !
Carapatage, une nouvelle émission de radio contre les prisons
Paris : Pillage organisé au Naturalia !
Visite nocturne à la mairie de Villepinte contre le projet de nouvelle prison

Tracts, textes & affiches

Caisse de soutien à B. incarcéré à Nancy dans le cadre d'une enquête portant sur l'incendie de plusieurs antennes relais

Le soir du mercredi 23 septembre, notre compagnon et ami B. a été incarceré en détention provisoire au centre pénitentiaire de Nancy-Maxeville en Lorraine, dans le cadre d’une enquête portant sur l’incendie de plusieurs antennes relais. Une caisse de soutien a été déposée à la librairie la Gryffe

Le soir du mercredi 23 septembre, nous apprenions l’incarcération en détention provisoire de notre compagnon et ami B. au centre pénitentiaire de Nancy-Maxeville en Lorraine. Après avoir été perquisitionné à son domicile tout comme son frère et un autre compagnon, B. a été conduit en garde à vue au commissariat de Besançon dans le cadre d’une enquête portant sur l’incendie de plusieurs antennes relais dans le Doubs (27 mars) et dans le Jura (10 avril).

Nous échangeons et entretenons des liens serrés avec sa famille, afin de les soutenir dans cette étape difficile qu’est l’incarcération d’un proche, mais également dans le but d’apporter un soutien des plus complets à notre ami et compagnon. Ce soutien est inconditionnel et nous approuvons les actes dont il est accusé, qui visent à détruire un monde qui nous détruit, qui visent à combattre des technologies mortifères, autant d’un point de vue sanitaire et social qu’environnemental, et qui visent également à affirmer la volonté de vivre dès maintenant et partout, en dehors de l’emprise et du contrôle de l’État et des ses allié.es capitalistes.

Nous assemblons nos voix à la sienne, aujourd’hui muselée par l’institution carcérale, afin de dénoncer les dérives autoritaires et humiliantes qui s’imposent chaque jour davantage dans nos sociétés. Nous profitons de ce qu’il nous reste de liberté pour crier notre dégout vis à vis de ces cachots qui enferment aujourd’hui notre compagnon et ami aux côtés de dizaines de milliers d’autres personnes détenues. Nos critiques des lieux d’enfermement ne peuvent en effet que s’amplifier quand nous connaissons les conditions d’incarcération actuelles aggravées par les mesures COVID : isolement, interdiction de parloirs, privation d’activités, visioconférences...

Pour le soutenir, vous trouverez des caisses dans plusieurs villes que nous vous communiquerons dès que possible. Deux caisses sont d’ores et déjà en place à Besançon à la librairie L’Autodidacte, place Marulaz ; à Lyon à la librairie La Gryffe, 5 Rue Sébastien Gryphe. L’argent servira aux frais de justice ainsi qu’aux frais de déplacements de sa famille entre Besançon et Nancy. Le mandat en prison ainsi que sa cantine seront pris en charge par la caisse de solidarité Kalimero. Pour l’instant nous ne disposons pas des éléments de l’enquête, mais au vu des accusations qui le concernent, B. risque plusieurs années de prison.

Notre communiqué porte aujourd’hui sur l’incarcération de notre compagnon et ami, mais nous n’oublions évidemment pas toutes les autres personnes détenues ou poursuivies dans le cadre de cette lutte acharnée contre l’implantation de nouvelles technologies de la pseudo information et de la communication, qui ne servent que l’intérêt des dominant.e.s. Soutien à elleux.

Mercredi 30 septembre,

Des potos et potesses bisontin.es à B.

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Posted on 2020-10-19 07:00:00

Toulouse : lettre de deux personnes de la MAF de Seysses

Toulouse- Lettre de 2 personnes de la MAF de Seysses

Indymedia Nantes, 20 octobre 2020

Le 26 septembre 2020,

à la MAF (Maison d’arrêt des femmes) de Seysses

Salut le dehors,

On vient d’achever une semaine de flou, d’inquiétude et d’incertitude, par rapport à nos choix (avoir tenu les identités, nié les faits, accepté la compa, refusé l’adn et la signalétique…)

Mais aussi en partie grâce au précieux soutien de l’extérieur, nous tenions à réaffirmer ces choix qui ont été difficiles à prendre à 7 sans communications ni avocat.

Nous ne sommes pas là JUSTE pour des tags et des affiches.



On est là pour nos choix, pour nos idées, parce qu’on est anarchistes, parce qu’on a craché sur leurs gueules jusqu’au bout. Et même si le jugement a été dur, on a rien lâché ! Ce n’est pas une injustice à nos yeux parce qu’on ne croît pas en la justice. Quelques soient nos actes, nous ne serons jamais innocentes, ni victimes !

C’est important pour nous de réaffirmer ça parce que c’est important pour nous et qu’en plus, pour la plupart des gens ici, nos actes paraissent absurdes, ce qui rajoute de l’isolement à l’enfermement. D’ailleurs, les juges, les flics et les matonnes le savent très bien, et n’ont de cesse de jouer sur ça.

On espère que cette lettre puisse nous redonner de la force et en redonner à toutes celles qui, peut-être, feraient des choix similaires. A y bien penser, si c’était à refaire, nous referions pareil �

Encore une fois, contre les juges les flics et les maton-n-es, CREVE L’AUTORITE !!

Aujourd’hui, on écrit à 2 mais peut-être bientôt à 7 !

Big up à nos 5 compagnons, si loin et si proches !

Posted on 2020-10-19 22:29:12

Italie : Le procès Bialystok commencera en décembre. D’autres compas participent à la grève de la gamelle

Round Robin / mardi 20 octobre 2020

Début du procès « Bialystok »

La demande du Procureur pour un jugement immédiat pour Fra, Nico, Flavia, Roby, Claudio e Daniele [les compas qui sont en prison ou aux arrêts domiciliaires suite à l’opération Bialystok ; NdAtt.] a été acceptée. La première audience à la Cour d’assises de Rome aura donc lieu le 14 décembre, à 9h30.



Francesca participe à la grève de la gamelle

Son avocate nous dit que Fra a rejoint la grève de la gamelle commencée le 19 octobre en solidarité avec les anarchistes Beppe et Davide. Elle nous informe également du fait que la prison lui a bloqué toutes les lettres par lesquelles elle voulait communiquer cette intention, avec ses réflexions sur le sujet.

*****

Alfredo et Beppe participent à la grève de la gamelle

Il Rovescio / lundi 19 octobre 2020

Par des lettres récentes, Beppe, enfermé à la prison de Pavia, nous informe que lui et deux autres détenus commenceront aujourd’hui la grève de la gamelle, avec Juan et Nico. Alfredo, depuis la prison de Ferrara, a dit qu’il participera aussi.

Pour écrire aux compas en grève de la gamelle :

Juan Antonio Sorroche Fernandez

Nico Aurigemma

Casa Circondariale di Terni

Strada delle Campore, 32

05100 – Terni (Italie)

Giuseppe Bruna

C. C. di Pavia

Via Vigentina, 85

27100 – Pavia (Italie)

Davide Delogu

Contrada Noce S. Nicola Agro’

95041 – Caltagirone (Italie)

Francesca Cerrone

Casa Circondariale di Latina

Via Aspromonte, 100

04100 Latina (Italie)

Alfredo Cospito

Casa Circondariale

Via Arginone, 327

44122 – Ferrara (Italie)

Posted on 2020-10-20 15:15:40

Aux compagnons et aux compagnonnes anarchistes. Quelques réflexions générales depuis la prison

Nous pensons que cela est particulièrement important dans un moment où l’on voit une augmentation des tentatives, de la part de la répression, de frapper la solidarité anarchiste.

Nous avons vu les opérations préventives « Ritrovo » et « Bialystok », qui essayent de démanteler des réalités qui, depuis longtemps, poursuivent des parcours de solidarité avec des individualités et des détenu.e.s, en revendiquant leurs positions anarchistes.

Il nous semble particulièrement inquiétant que, avec l’opération de Rome [l’opération Bialystok ; NdAtt.], il y a la volonté de frapper les pratiques de solidarité avec un compagnon anarchiste emprisonné, pour soutenir sa réaction face à l’agression subie de la part des matons et sa lutte pour être transféré. Celle-ci est une attaque à toutes les personnes qui luttent à l’intérieur des prison et qui reçoivent de la solidarité et du soutien depuis l’extérieur. Un message non négligeable, sur lequel à notre avis il convient de réfléchir.

Ces derniers temps, on a vu des prisonnier.e.s anarchistes écoper de décennies de taule, on a vu plusieurs personnes être soumises à des mesures de contrôle judiciaire pour avoir manifesté dans la rue en solidarité, on a vu la façon dont l’État a voulu punir un anarchiste pour son soutien supposé à un anarchiste en cavale.

De cette façon, par des plaintes, des mesures restrictives, des perquisitions et des arrestations, ils essayent de décourager et de supprimer des pratiques de solidarité active qui sont le patrimoine de l’anarchisme et qu’il nous semble important de revendiquer et d’essayer de renforcer, aujourd’hui plus que jamais. De plus, nous voulons encourager et développer une discussion sur les possibilités de lutte que l’on a, en tant que et entre individualités anarchistes emprisonnées et avec toute personne qui veuille nous soutenir.

Une grosse partie de cette envie vient des réflexions issue de l’observation de cette dernière période de changements politiques, économiques et sociaux, et de la manière dont ces derniers ont influencé la situation dans les prisons. Les nombreuses révoltes qui ont éclaté dans les prisons pendant l’urgence Covid-19, à cause des conditions de détention, en provoquant 14 morts en Italie, ont révélé une situation à laquelle nous sommes incapables de faire face, mis à part sous la forme de soutien, mais sans une projectualité claire de lutte anarchiste. C’est de façon auto-critique que nous parlons de ce manque, sur lequel nous aimerions réfléchir, pour d’y remédier.

Nous pensons ensuite au caractère préventif et punitif de la dispersion à laquelle sont soumises les compagnonnes, dispersées parmi différentes sections AS3 [les sections de haute sécurité où sont enfermé.e.s les personnes inculpées ou condamnées pour des délits liés aux différentes mafias ; NdAtt.], ou les compas enfermés dans des sections pour prisonniers protégés, dans des petits sections d’isolement ou soumis au régime 14bis à cause de leur attitude révoltée au sein de la prison. Il y a des prisonniers qui avaient demandé du soutien, lors de moments de difficulté, et nous n’avons pas honte de dire que, en tant qu’anarchistes, nous nous sentons terriblement fautifs, car nous n’avons pas su trouver les instruments pour les soutenir quand c’était nécessaire.

Nous pensons que la but principal de la prison est de nous éloigner de nos contextes de lutte, de nos relations et de nous fragmenter, en tant qu’anarchistes et révolutionnaires, de façon à isoler et à affaiblir nos aspirations de lutte et nos individualités en révolte. Nous pensons qu’un bon moyen pour nous retrouver et pour redécouvrir nos capacités de conflit pourrait être d’unir nos forces pour soutenir tour à tour des instances spécifiques, en y intégrant un regard général de critique au système de domination étatique-capitaliste.

Notre objectif immédiat est de trouver des méthodes, même simples, pour commencer à nous opposer au morcellement de nos situations individuelles, tant à un niveau juridique qu’au niveau de la détention. Nous reconnaissons le fait que nos situations individuelles ne sont rien d’autre que l’expression structurelle d’un système punitif visant à annihiler les individualités qui restent réfractaires à tout ordre constitué ; nous reconnaissons donc la nécessité d’une convergence des différentes propositions et situations de lutte contre la prison, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Nous commençons par considérer et par reconnaître que nous faisons face à des formes de détention différentes et que nous ne vivons pas tou.te.s les mêmes conditions de détention, que nous ne partageons pas tou.te.s les mêmes analyses et positions, tactiques et stratégiques. A cause de cela, nous proposons que ce débat continue, par l’échange de réflexions et de propositions, de façon multiforme, dans le but d’enrichir et de développer la lutte et voir grandir le mouvement anarchiste.

Pour écrire aux deux compagnons :

Juan Antonio Sorroche Fernandez
Nico Aurigemma
Casa Circondariale di Terni
Strada delle Campore, 32
05100 – Terni (Italie)

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Posted on 2020-10-21 19:38:31

Chili : Communiqué de prisonnier-es de la guerre sociale d’hier et d’aujourd’hui pour la destruction de la société carcérale

Indymedia Nantes / jeudi 22 octobre 2020

Communiqué de prisonnier-es de la guerre sociale d’hier et d’aujourd’hui pour la destruction de la société carcérale.

A toutes celles et ceux qui luttent contre ce monde d’oppression et de misère.

«La réalité des prisonnier-e-s en guerre dans les prisons chiliennes ne peut être falsifiée. Il y a la lutte au quotidien, pas le silence et encore moins l’oubli. Différentes générations de subversif/ve-s qui se retrouvent avec des visions similaires dans ce présent de lutte.»

(Appel de prisonnier-e-s en guerre 2015)



«La taule est un autre lieu de lutte de plus sur le chemin de la confrontation, pour moi l’affrontement anti-autoritaire ne s’est pas terminé, il a juste changé de forme.»

-Mónica Caballero Sepúlveda

1. Depuis toujours pour la Révolte permanente

«Les expériences de défaites passées restent vivantes… palpitantes et grandiront de telle manière que nous parviendrons à encercler complètement ceux qui, lors une bataille passée, nous ont vaincu-e-s».

-Pablo Bahamondes Ortiz

La révolte qui a débuté le 18 octobre 2019 a été, entre autres choses, la cristallisation des luttes protéiformes et anti-autoritaires qui se sont succédé sur ce territoire au cours des dernières décennies, en partie, une démonstration incontestable de la continuité d’un chemin antagoniste et subversif.

L’inexistence d’une plate-forme revendicative commune et d’une direction centralisée démontre clairement le sens anti-autoritaire de la révolte qui a trouvé sa principale force dans sa multiplicité, fissurant l’ordre établi, le pouvoir et toute institutionalité.

Nous reconnaissons la capacité créatrice de la révolte, de la violence et le caractère fertile de l’action subversive multiple qui s’est déchaînée et répandue au cours de ces mois-là sur tout le territoire, mais nous ignorons la notion d’«Explosion Sociale» en tant que point culminant, métaphore de la cocotte-minute, d’un instant, qui caractérise la révolte comme un phénomène volatile, dont la durée se prolonge le temps du bruit d’une explosion ou de la lumière de son éclair. La révolte met en tension des individualités et génère des ruptures; dans l’activité collective la marge fictive de ce qu’auparavant nous croyions impossible se déplace, tant de rêves et de réflexions conspiratrices ont échappé à leur prison obsessionnelle pour se concrétiser dans de belles images de liberté, tant d’individualités ont fait ces pas décisifs dont on ne revient pas, qui nous construisent et nous font prendre position dans l’antagonisme contre ce monde et son ordre. Pendant des mois, la maxime anarchiste a pris vie dans l’activité, après tout la passion destructrice est aussi une passion créatrice.

Mais la politique aux manettes a cherché à canaliser ces énergies vers des voies institutionnelles avec un nouveau plébiscite qui ne vise qu’à sauver le système lui-même, leur propre ordre.

Notre meilleur instrument sera toujours la réflexion,l’analyse, la vision personnelle et consciente qui se décante dans l’activité quotidienne, reflet de ce que nous sommes, dans notre manière d’être et nos attentes. Le battement continu de la confrontation directe, la torture, l’enfermement, la mort et la vie sont le présent actif dans lequel nous associons dans les prisons, dans une transversalité d’ oxygène libertaire contre l’État, sa violence militaire, policière, politique et économique.

«Çà valait la peine? Impossible de répondre avec un simple «oui», parfois si sec, vide et auto-complaisant, il y a beaucoup plus de choses à mettre sur la balance. Mais il est indéniable que chaque expérience à la recherche de la liberté vaut la peine; prendre en charge son existence avec toutes ses victoires, ses défaites, ses joies et ses peines, ce sont ces expériences qui n’ont pas de prix que les personnes soumises ne pourront jamais connaître».

-Joaquín García Chanks.

2.- Ni gauche, ni droite, comme hier ni votes ni bottes ; seulement la lutte !

Nous prenons part aux urgences de la lutte, rompant avec la normalité, démasquant les comportements de guides et de leaders qui s’arrogent les intentions de contenir dans des élections, des candidats ou des organisations, la rage, la rébellion et l’énergie de la révolte.

Nous rejetons la totalité de la politique fonctionnelle et mercenaire, l’ensemble de son éventail avec le folklore pamphlétaire rance dont l’objectif pourri est de corrompre et de contrôler des vies. Il ne s’agit pas d’un changement pour le changement, il ne s’agit pas de nouvelles formes, Ce n’est pas du progressisme citoyen, ce n’est pas une nouvelle constitution, et pas des réformes du capital non plus. C’est la possibilité palpable d’être libres: femmes, hommes, dissidences; enfants et ancien-ne-s avec une aube où la misère pestilentielle de l’État, du pouvoir, leurs castes et leurs luxes tombaient en pièces.

La décision reste de se soulever, de se rebeller et de cesser de danser au son de la soumission, de donner du poids à la tendresse de l’amour en guerre, d’affronter la violence de l’État avec le plomb, la poudre et le feu autonome et subversif. Nous renforcer en apprenant dans la résistance offensive, chacun-e avec ses singularités et ses capacités.

Il s’agit de donner une opportunité définitive à la confrontation avec le monde du pouvoir, ses défenseurs et ses faux critiques.

Nous avons beaucoup attendu et ce moment unique de profond discrédit de l’illusion démocratique du capital nécessite ce flux incontrôlé de liberté qui se surgit, revitalisé à partir de différents espaces de la réalité et à travers une infinité de formes d’organisation dans le combat pour la libération totale.

Comme à la fin des années 80, nous n’avons rien à voir avec le show électoral, les referendums et les remaniements bourgeois destinés au maintien maquillé de l’ordre existent, notre seul choix reste d’attiser le feu rebelle de la Révolte.

«Toute loi fait partie de la domination, mais ne fait pas taire ma voix, ce que je pense, ce que je dis. Leurs prisons, leurs collèges, leurs boulots existent pour soutenir leurs privilèges. Leur argent et leur marchandise, leur pouvoir et leur famille alimentent ma conviction de me battre pour l’Anarchie »

-Marcelo Villarroel Sepúlveda.

3. La prolongation de la persécution, la répression et l’enfermement comme raison d’État

Sur ce parcours, nous avons eu à fréquenter et à affronter la prison, entre autres réalités, comme faisant partie intégrante, assumées quoique non souhaitées, de la lutte subversive.

Enfermé-e-s aux mains d’un État et de sa démocratie pour préserver leur paix sociale qui soutient leur violente opulence.

Ainsi, nous avons eu à vivre la prison depuis la fin des années 80 et à connaître à la première personne toutes les modifications de l’engrenage juridique, politique, policier pénitentiaire: nous avons été mineur-e-s sous contrôle du sename, mis-e-s en examen par des parquets militaires et des ministres en visite, nous avons connu la torture des flics, disparaissant des jours durant dans leurs casernes nauséabondes, nous avons été condamnés dans des procès truffés d’irrégularités sous leurs lois antiterroristes et leurs réformes de procédures pénales, nous avons vu la collaboration servile entre journalistes, flics et procureurs pour soutenir des farces de procès ainsi que la vengeance bureaucratique et pratique des matons et leurs isolements dans des systèmes d’enfermement de haute sécurité et de sécurité maximale dans lesquels nous avons été placé-e-s pour des décennies.

Ni le victimisme, ni l’assistencialisme, ni le protagonisme vide et auto-affirmatif ne font partie de nos pratiques de vie.

Nous avons été voué-e-s à une incertitude juridique affirmée dans la macabre raison d’état qui, en ce moment, atteint le comble de l’illégalité dans le cadre de leur propre légalité avec la situation de notre compagnon Marcelo Villarroel Sepúlveda, maintenu en prison sans tenir compte des années déjà passées en taule afin de lui faire purger 40 ans d’enfermement effectif, sous couvert d’un changement connu comme le décret 321 relatif aux libertés conditionnelles.

Nous nous faisons écho de l’appel urgent à diffuser sa situation et à mettre en lumière la vengeance de l’État.

Cela fait déjà 25 ans qu’il est enfermé et cela ne peut continuer à se prolonger, aussi nous unissons nos efforts dans la lutte pour que Marcelo et tou-te-s les prisonnier-e-s de la guerre sociale reviennent dans la rue le plus tôt possible.

«Dans la création de complicités, dans la conspiration et dans l’action nous ôtons des maillons de nos chaînes, nous expérimentons, quoiqu’ils soient fugaces, de petits instants de liberté. La décision de détruire tout ce qui est imposé se prend à la première personne, c’est-à-dire que c’est une décision individuelle librement assumée avec tous les risques qu’elle implique.»

-Francisco Solar Domínguez.

À un an de la révolte qui a secoué octobre, nous nous rebellons contre tout début et toute fin, nous rejetons l’idée d’une date commémorative qui se dissoudrait dans les eaux de l’Histoire et dont on ferait périodiquement usage comme d’un trophée que l’on dépoussière pour rappeler et vivre, toujours au passé, l’aspect supposément ponctuel de la subversion et la segmentation d’un antagonisme réel. Loin des options du pouvoir et de sa voie institutionnelle pour se relégitimer, la seule chose qui reste, qui n’a pas de prix et n’est pas quantifiable, c’est l’expérience de projeter et de se projeter dans des chemins de négation antagonique à un monde de mensonges, de domination, de misère et de lois.

L’appel est d’aiguiser et d’intensifier l’affrontement qui se traduirait par la qualité toujours plus grande de l’offensive, par la multiplication des groupes d’action et par la coordination de ceux-ci.

Des coordinations qui permettent de générer des dialogues élargissant les visions et fortifiant les positions, qui rendent possibles des échanges de toute sorte et visent à provoquer et à approfondir la déstabilisation de l’ordre établi par des coups contondants et constants contre le pouvoir.

«Que la complicité se multiplie en renforçant le combat urbain, cette guérilla qui surgit à chaque coin de rue contre l’État militaire et policier et toute sa faune politique citoyenne.»

-Juan Aliste Vega.

Nous saluons la digne résistance de Mauricio Hernández Norambuena qui a bataillé intègre pendant plus de 18 ans face à la vile vengeance du pouvoir le maintenant dans un régime punitif démentiel; nous envoyions une accolade à l’indomptable Résistance pour la libération Mapuche, à ses Weichafes incarcérés et à ses communautés de lutte; à tou-te-s les prisonnier-e-s anarchistes, anti- autoritaires et aux combattant-e-s pour la libération totale réparti-e-s dans les taules du monde entier.

Nous embrassons nos amours, nos compagnon-e-s et complicités inconditionnelles qui nous emplissent de newen pour continuer le combat quotidien contre l’enfermement.

Nous marchons aux côtés d’ Andrés Soto Pantoja, Norma Vergara Cáceres, Pablo, Eduardo et Rafael Vergara Toledo, Pablo Muñoz Moya, Alejandro Sosa Durán, Ariel Antonioletti, Claudia López , Sole et Baleno, Sergio Terenzi, Alex lemún, Julio Huentekura, Matías Catrileo, Jhony Cariqueo, Mauricio Morales, Zoé Aveilla, Lambros Foundas, Herminia Concha, Javier Recabarren, Sebastián Oversluij, Daniel Vielma et de tout-e-s les frères et sœurs, combattant-e-s et guerrier-e-s sur toute la planète qui nous accompagnent de quelque part dans l’univers et les étoiles dans cette lutte pour la vie, pour la préservation de cette terre, contre l’état, la prison et le capital.

Nous donnons l’accolade aux torturé-e-s, aux mutilé-e-s, aux personnes poursuivies, emprisonnées et tombées au cours de la Révolte d’octobre, nous pensons à vous!

À tou-te-s les compagnon-ne-s de différents territoires qui, avec différentes langues, parlent le même langage de guerre, nous leur donnons l’accolade dans l’internationalisme actif, dans la fraternelle sororité subversive, autonome et noire.

Jeunesse combattante: insurrection permanente !!

Avançant avec une dignité rebelle et le regard subversif, hors et à l’intérieur de la prison: vers la Libération totale !

Tant qu’existera la misère, il y aura de la Rébellion !

Que la révolte fasse péter les prisons !

Aiguiser le conflit, intensifier l’offensive !

Pour l’extension de la solidarité avec les prisonnier-e-s de la guerre sociale, de la Révolte et la libération Mapuche!

Mémoire, résistance et subversion!!

-Mónica Caballero Sepúlveda

Prison pour femmes de San Miguel

Pablo Bahamondes Ortiz

C.D.P. Santiago 1

-Francisco Solar Domínguez

Section de sécurité maximale-CAS

-Marcelo Villarroel Sepúlveda

-Juan Aliste Vega

-Joaquín García Chanks

Prison de haute sécurité.

Santiago, Chili.

Dimanche 18 octobre 2020.

Posted on 2020-10-22 16:00:11

Prison de Santiago 1 (Chili) : Appel pour le 18 octobre

Indymedia Nantes / jeudi 22 octobre 2020

Le bonheur n’est jamais venu, ce furent de fausses promesses des sempiternels politiciens, tout leur héritage continue à s’imposer dans gouvernements suivant la dictature, ne faisant que favoriser l’entrepreneur, bien que de jeunes combattant-e-s aient maintenu la ligne de lutte, la majeure partie du peuple s’endormissait en voyant comment la démocratie et le capital consumaient les quartiers, la démocratie jouant un rôle important pour endormir les pauvres. Nous n’oublions pas celles et ceux qui décident de se soumettre face à tout cela et de faire comme s’il ne se passait rien, c’est pourquoi nous n’attendons rien des citoyen-ne-s soumis-e-s qui défendent le chef et le système capital, au contraire nous comptons sur la motivation et l’action de chaque individu-e pour récupérer la vie qu’ils nous ont prise.



La graine semée par celles et ceux qui ont lutté sous la dictature, puis qui ont affronté directement les gouvernements en démocratie, a fini par germer, le meilleur exemple a été l’acte, les nouvelles générations ont perdu peur. En voyant les gens sortir et prendre les rues, affronter les sbires, en voyant les rues prendre feu, en voyant l’expropriation des grandes entreprises qui nous ont toujours volé, en voyant l’action directe, là on a observé l’influence du courage, à travers les actions directes, spontanées, et là a surgi le 18 octobre.

À un an déjà du 18 octobre, incarcérés, beaucoup d’émotions affleurent en nous, nous n’oublions pas la misère de toutes ces années, comme individus réfractaires d’hier et d’aujourd’hui, nous continuons à ne pas céder, le front haut, même enfermés nous ne faisons aucun pas en arrière, pour tou-te-s les mort-e-s, les personnes violées et torturées, pour les 81 prisonniers en taule et pour toute la misère maintenue en place à travers le temps, nous appelons à poursuivre la révolte, à profiter de l’occasion et à continuer à propager l’exemple de la lutte, à poursuivre le travail territorial, à résister jusqu’à l‘éternel conflit.

-Prisonniers en résistance-

Source : Publicacion Refractario

Posted on 2020-10-22 15:58:31

(Toulouse) Discussion. Face à la répression, vers une solidarité en actes et en mots ! Par les mots pour cette fois...

Dans un contexte où pour être « solidaire », l'État nous oblige à rester chez nous et réduire nos contacts, on trouve important de se poser la question de notre solidarité, en mots et en actes, face au virus de l'État.
Un des outils des pouvoirs pour asseoir leur autorité, c'est la répression. Elle qui cherche à briser les individus en révolte ou tout.e.s celles et ceux qui ne correspondent pas aux normes de ce monde, qui ne rentrent pas dans les cases imposées par les puissants.

On voudrait causer de solidarité à partir de situations qui nous touchent de différentes manières. Que ce soit l'incarcération de Jennifer¹, le procès de 9 compagnon.ne.s en belgique², de 7 autres à toulouse3, des diverses opérations répressives contre des anarchistes en Italie4, et de plein d'autres situations qui traversent nos vies.

Est ce qu'on est solidaires de conditions matérielles, d'actes, d'idées, ou un peu de tout ça ?
Quelle différences on fait entre soutien, entraide et solidarité ?
Qu'est ce qui est moteur dans nos manières de nous solidariser ? Et comment on la met en pratique ?
Ou au contraire, quelles sont nos limites ou impossibilités ?

On propose de se retrouver pour en discuter :
le Jeudi 29 Octobre, à 17h30
à l'Obs (87 rue du 10 avril, métro Jolimont, Toulouse

_______

Les liens vers des textes pour chaque situation.
¹ https://nantes.indymedia.org/articles/51416
² https://lalime.noblogs.org/proces-contre-des-anarchistes-en-belgique/
3 https://nantes.indymedia.org/articles/51080
4 https://nantes.indymedia.org/articles/50980

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Posted on 2020-10-23 16:56:47

Prison de Piacenza (Italie) : Natascia commence une grève de la faim

Il Rovescio / jeudi 22 octobre 2020

Un an, deux mois et 24 jours.

Voilà le temps qui est passé depuis mon arrivée ici, à la taule de Piacenza ; du temps rempli de vide, du temps gaspillé dans la tentative de dompter tous ses sens, dans l’expérimentation d’une autodiscipline qui permette de transformer, tel une alchimie, le gâchis d’une vie en une expérience formative. Je n’ai jamais cherché le confit, même si le quotidien, ici, est une suite constante d’occasions de conflit ; quand j’ai opposé mes raisons à ce système de neutralisation de l’individu, j’ai essayé de le faire avec « civilité », dans le respect forcé des rôles, en essayent de m’approprier, du moins en tant qu’armes, ces dynamiques illogiques dont les matons font leurs bannières : règles, droits, devoirs, protocoles. Et je ne le dis certainement pas pour m’en vanter, au contraire ; néanmoins, en taule l’expérience humaine est tellement distante de toute forme de bon sens, de sens commun ou simplement de sens tout court, qu’il faut jouer, même si on sait très bien que les dès sont truqués.



Malgré cela, par la seule affirmation et préservation de ma dignité, la création d’un rapport d’hostilité avec certains gradés et dirigeants de cette prison a été inévitable ; sans surprise et sans effort, par les rôles mêmes qui nous ont été assignés par la nature et les places qui nous ont été assignées par la vie et perles choix personnels. Le zèle de certains matons particulièrement calés dans leurs rôle, chaleureusement appuyés par la commandante de la prison, a donc fait en sorte que les contenus de mon courrier privé n’ont jamais été privés, au mépris de ce qui dit le code pénal, même après le fin de la première mesure de censure postale, en décembre 2019. Leur agacement était provoque en particulier par des dessins et des A cerclés (ce qui démontre le profondeur d’analyse qui caractérise toujours leur travail), pour ne pas parler des manifestations explicites de solidarité. « L’ordre et la sécurité de la prison » (la motivation en bas des saisies) doivent être bien fragiles et faibles, si une carte postale ou la photo d’un tag sur un mur peuvent les mettre en danger. Ça aurait donc dû être sur suggestion de la prison de Piacenza, si ce n’est pas suite à leur demande explicite (je ne peux pas le savoir), que le 16 septembre 2020 j’ai été informée que le Juge d’instruction a signé une deuxième mesure de censure postale, de la durée de six mois. J’ai fait le choix de m’y appeler par le biais de mon avocat, et, une fois de plus, de faire contre mauvaise fortune bon cœur, et d’attendre avec patience qu’ils fixent une date pour le recours, et tutti quanti.

Mais, entre-temps, mes geôliers semblent avoir perdu l’envie de faire leur travail ; du coup, les employés du bureau de la commandante, qui s’occupent de mon courrier, passent me le délivrer une fois par semaine ou encore plus rarement. Le courrier en sortie ne sort pas, celui en entré s’entasse sur leurs bureaux. Parfaitement en ligne avec l’esprit de fonctionnaires négligents avec lequel ils administrent toute la prison, et pour confirmer encore une fois (s’il y en avait besoin) le caractère punitif et de rétorsion de cette mesure, étant donné que ça ne leur intéresse même pas ce que j’écris/je reçois.

Il en faudrait beaucoup plus pour me faire plier, mais c’est particulièrement irritant que, dans le non-lieu théoriquement censé nous enseigner par la force le respect de la loi, leurs codes comptent pour du beurre. Et à mon avis c’est une erreur de taire l’arbitraire ignorant avec lequel ils font leur sale métier.

Pour cette raison, et étant donné que les circonstances ne laissent pas entrevoir un changement de cap, j’ai décidé qu’à partir de samedi 24 octobre je commencerai une grève de la faim, qui durera le temps qui me semblera approprié. Il s’agit d’une bataille personnelle, qui ne servira peut-être à rien, qui montre peut-être un manque d’imagination de ma part, mais qui me semble nécessaire. Ceux/celles qui veulent, entre-temps, continuer d’encombrer le bureau de la commandante avec des communications plus ou moins futiles, peuvent m’écrire : elles/ils sont les bienvenues. Qu’on ne dise pas que les matons ne méritent pas leur salaire trempé de sang.

Vous me manquez, tous.

Salud y anarquìa,

Nat

Pour lui écrire (elle lit et écrit le français) :

Natascia Savio

C.C. San Lazzaro

Strada delle Novate, 65

29122 – Piacenza (Italie)

Posted on 2020-10-24 09:07:28

Zones sans-flics : réflexions à partir d'expériences autonomes aux USA (1/3)

Cet article fait suite aux différentes expériences de "cop-free zones" aux Etats-Unis du printemps dernier.
Il analyse dans un premier temps l'intérêt stratégique de cette forme d'action dans une perspective d'autonomie et d'abolition de la police (1/3). Sont ensuite relayés différents récits de personnes qui ont participé à ce genre d'expériences ou de tentatives dans différentes villes étatsuniennes, inspirées par le siège du comico du 3e arrondissement de Minneapolis à la suite du meurtre de George Floyd (2 et 3/3).
- initialement publié le 02 juillet 2020 sur CrimethInc. -
Traduit de l'anglais au français.

Une zone sans-flics n'est pas un pâte de maisons, un rond-point ou un parc. C'est un engagement commun pour défendre un espace et éliminer les dynamiques de maintien de l'ordre et de suprématie blanche. Dans ce qui suit, nous explorons quelques expériences de personnes qui tentent de créer des zones autonomes sans police dans différentes régions des Etats-Unis.

Hier, la police de Seattle a expulsé la Zone Autonome de Capitol Hill (CHAZ), également connue sous le nom de Manifestation Organisée de Capitol Hill (CHOP), mettant fin à une expérience d'autonomie, qui s'étendit sur plus de trois semaines de créativité inspirante et de tragédies déchirantes. Pourtant, la légende de cette zone s'est répandue à travers le monde, inspirant des actions de solidarité et autres tentatives à travers le monde : de New York à Portland et Washington DC, et même jusqu'à Tokyo. Pour un aperçu de l'histoire de l'occupation à Seattle, vous pouvez commencer par ici.

→ La Zone Autonome de Capitol Hill à son apogée.

Introduction : à propos d'autonomie

Créer une zone sans-flics est une démonstration de force, que cela dure une seule soirée comme plusieurs années. Cela peut considérablement élargir l'imagination populaire : tout comme l'abolition de la police était impensable jusqu'à ce que le soulèvement de Minneapolis démontre que des émeutiers pouvaient vaincre la police dans une confrontation ouverte, même la zone autonome la plus temporaire peut permettre aux gens de repenser leurs hypothèses par rapport à la police.

Avant tout, une zone libérée offre un espace de mémoire et de recueil. Tout comme en 2011 Occupy Oakland a rebaptisé la place qu'iels occupaient en l'honneur d'Oscar Grant, les récentes zones sans-flics ont servi de mémoriaux pour celleux dont les vies ont été prises par la violence policière, accueillant des installations artistiques participatives à couper le souffle. Ce sont dans ces lieux que se réalisent aujourd'hui aux USA les expériences artistiques et les rassemblements communautaires les plus importants.

→ Mémorial au sein de la Zone Autonome de Capitol Hill à ses premiers jours.
→ A Richmond, dans la zone autonome rebatpisée Marcus-David Peters Circle (NDT. enseignant noir de 24 ans tué par la police le 14 mai 2018), des manifestant.es ont transformé un monument confédéré en un mémorial communautaire émouvant aux couleurs de Jean-Michel Basquiat.
→ Marcus-David Peters Circle, Richmond. Un des mémoriaux au pied du momument confédéré repensé.

Dans le même temps, alors que la police reste encore si puissante et que la classe dominante qu'elle sert se démène pour la légitimer aux yeux de l'opinion publique, établir des zones sans-flics implique divers risques et défis. En réponse à la soudaine popularité de l'abolition de la police, l'Etat a urgemment besoin de créer l'impression que l'abolition de la police est plus horrible que la continuelle violence policière elle-même.

Essayer de contrôler un territoire fixe nous met sur la défensive, faisant de nous une cible stationnaire et nous exposant aux attaques de suprémacistes blancs ou autres fascistes. Ces attaques peuvent aller de la fusillade, comme ce que DeJuan Young a subi à Seattle, à la flagrante campagne diffamatoire de Fox News sur la CHAZ. Au même moment, la police et les gouvernant.es cherchent à pousser la violence et des activités antisociales dans des zones qu'iels ne contrôlent pas afin de discréditer celleux qui y vivent. En Grèce, cette tactique a longuement été utilisée par la police contre les quartiers ingouvernables comme Exarcheia ainsi que dans des zones autonomes au sein d'universités grecques.

Contrôler a un espace délimité ne nous donne pas forcément les moyens d'interrompre les dynamiques à la source de la violence anti-sociale dont les autorités se servent pour justifier le maintien de l'ordre. La proposition d'abolir la police n'est pas une proposition de définancer une insitution particulière, mais de refonder la société toute entière, en abolissant les disparités qui rendent la police nécessaire pour maintenir l'ordre établi. Au sein d'une zone autonome, nous pouvons mettre en pratique et diffuser l'économie du don ou d'autres modèles basés sur l'entraide, mais cela ne suffira pas à protéger les participant.es aux pressions du capitalisme et de la suprématie blanche, qui nous traversent et continueront à imprégner nos rapports sociaux jusqu'à ce que nous puissions provoquer un plus large changement social.

Cela ne signifie pas que de nous devrions abandonner le langage de "l'autonomie" au profit de "l'occupation" ou "l'organisationg", comme certain.es l'ont soutenu. Plutôt, nous avons besoin de populariser une différente appréhension de ce qu'est l'autonomie. Selon notre compréhension du concept, être autonome ne signifie pas administrer une zone juridique indépendante comme le fait l'Etat ; plutôt, l'autonomie est une question de l'influence de tou.te.s les personnes dans un environnement sur ce qu'iels sont capables de faire et d'expérimenter en son sein. En ce sens, l'autonomie n'est pas une propriété d'un espace physique défini, mais plutôt une qualité de réseaux relationnels.

Concentrer le pouvoir sur une zone autonome dans une seule structure de direction ou de prise de décision est un handicap et non un avantage. Les monopoles de pouvoir profitent généralement aux personnes relativement privilégiées, qui sont les mieux équipées pour utiliser des cadres de légitimité pour se positionner favorablement, alors que celleux qui sont les destinataires des disparités raciales et de classe [1] sont souvent exclus même lorsque ces cadres sont censés les autonomiser. Si notre objectif est d'abolir la suprématie blanche, notre priorité absolue devrait être de soutenir les voix et les actions des personnes racisées et queer les plus privées de leurs droits, et non de suivre le leadership de ceux qui bénéficient déjà d'un statut quelconque. De même, une trop grande importance accordée à l'unité tend à restreindre les tactiques et les objectifs à long terme à un plus petit dénominateur commun, minant ainsi la diversité et l'imprévisibilité qui permettent aux mouvements d'établir des zones autonomes en premier lieu.

Toutes ces considérations suggèrent que, même si notre objectif est simplement de conserver un espace physique particulier, nous devons donner la priorité à la réalisation d'activités offensives dans toute la société en général qui peuvent garder nos adversaires sur la défensive, tout en investissant de l'énergie dans les activités qui nourrissent les mouvements et espaces plutôt que de se concentrer sur la défense de limites particulières. Nous devons comprendre les espaces occupés comme un effet de nos efforts, plutôt que comme la cause centrale autour de laquelle nous nous rallions.

D'autres mouvements se sont déjà attaqués à ces questions dans le passé. Nous pouvons apprendre beaucoup du mouvement des squats en Europe, du Movimento sem Terra (MST) au Brésil, du mouvement Occupy aux États-Unis et d'autres exemples dans le monde. Dans le pire des cas, se méprendre sur l'espace autonome comme un territoire physique plutôt que comme les relations et le courage qui le maintiennent peut conduire certains participants à faire des compromis désastreux avec les autorités dans l'espoir de pouvoir conserver ce territoire.

Enfin, la création et la défense de zones sans police nous obligent à développer une analyse solide de ce qu'est la police afin de s'assurer que nous ne la reproduisons pas. La mesure dans laquelle nous pouvons résoudre nous-mêmes les conflits dans ces espaces sera l'un des facteurs les plus importants pour déterminer si nous pouvons nous y accrocher et démontrer un modèle d'autonomie qui mérite de devenir contagieux. Nous ne devons pas confondre notre capacité à défendre des zones sans flics et notre capacité à employer la force meurtrière de la même manière que la police. Si nous commettons cette erreur, nous risquons de reproduire la dynamique des systèmes de police existants, et ceux qui en subiront les pires conséquences seront probablement de jeunes hommes noirs.

À cet égard, la première ligne de défense de la zone sans flics n'est pas la force violente avec laquelle elle est défendue, mais la manière dont les participant.es transforment les soins en une force significative.

→ L'allée derrière le troisième arrondissement de Minneapolis par laquelle la police s'est retirée avant que les manifestants ne l'incendient en réponse au meurtre de George Floyd.


[1] NDLR : et de genre ainsi que d'autres systèmes de domination

Posted on 2020-10-24 15:45:19

Prison de Latina (Italie) : « Solidarité entre prisonnier.e.s anarchistes ». Un texte de Francesca

extrait de Malacoda / jeudi 22 octobre 2020

« Solidarité entre prisonnier.e.s anarchistes ». Un texte de Francesca, arrêtée lors de l’opération Bialystok, qui rejoint la grève de la gamelle en solidarité avec les anarchistes Giuseppe Bruna et Davide Delogu.

Les conditions de détention, dans les prisons italiennes, continuent de s’empirer ; face à l’urgence Covid-19, les demandes des prisonnier.e.s n’ont presque pas été écoutées, ce qui a provoqué des révoltes dans des dizaines de taules, suivies par une forte répression, avec des transferts punitifs et des procédures pénales. Lors de ces révoltes, des nombreux détenus sont morts. L’État est responsable de ces morts. Les changements effectués dans les règlements pénitentiaires à partir du printemps dernier ont souvent causé une réduction des contacts avec l’extérieur, une réduction des activités, l’isolement, ce qui rend les conditions de détention de plus en plus invivables. Aujourd’hui, il n’y a pas de signaux d’amélioration, malgré le fait qu’ils ont eu tout le temps nécessaire pour s’adapter à la situation. Les nouvelles réglementations ne présagent rien de bon, avec des mesures encore plus restrictives pour les sections de haute sécurité et un extension de l’utilisation du régime 41bis, une torture lente qui vise à plier les structures basilaires des identités individuelles.



Face à cela, ceux/celles qui osent prendre position contre les prisons, contre l’État qui les gère et contre le société qui en a besoin, ainsi que celles/ceux qui continuent à faire vivre des pratiques de solidarité, à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, sont de plus en plus souvent enfermé.e.s à leur intérieur. Les dernières opérations anti-anarchistes sont clairement une façon de contrer la solidarité avec les prisonnier.e.s et les prisonnier.e.s anarchistes.

Parmi celles/ceux-ci, certaines situations d’enfermement se démarquent pour leur caractère particulièrement punitif et insoutenable.

En effet, Davide Delogu est soumis au régime 14bis, car il n’a jamais baissé la tête face à l’institution pénitentiaire. Malgré ses demandes de transfert dans une autre prison, il n’a pas été transféré, mais au contraire sa situation a empiré.

Depuis plus d’un an, Giuseppe Bruna est dans la section pour prisonnier protégés de la taule de Pavie ; malgré ses continuelles demandes de transfert, l’Administration pénitentiaire ne l’a pas transféré, en se cachant derrière des fausses excuses.

Le système patriarcal sur lequel se fondent l’État et la société dévoile ses aspects les plus mesquins et les plus aigus dans le monde des prisons : on le voit dans les conditions, pires, qui sont en général celles des prisonnières dans les taules pour femmes, dans les stéréotypes de genre dans lesquels on les enserre, dans les logiques d’infantilisation et de psychiatrisation qui leur sont imposées. On le voit dans le traitement infligé aux compagnonnes anarchistes, qui sont séparées et éparpillées dans les sections AS3 de toute Italie, parce que celle-ci est la première logique du patriarcat : séparer les femmes puisque, quand elles s’unissent, elles fond trembler le pouvoir. On le voit dans le traitement des hommes qui ont une orientation sexuelle non normée et des personnes qui ne se reconnaissent pas dans la logique de genre binaire qui est imposée, et qui sont placées parmi les balances, les pédophiles et les violeurs.

En tant qu’anarchiste, je ne suis certainement pas pour une logique des circuits différentiels [par exemple des sections pour prisonniers politiques, comme cela a été le cas à une époque ; NdAtt.] à l’intérieur des prisons, tout comme je ne suis pas pour la logique de la prison elle-même, à laquelle je m’oppose et contre laquelle je lutte. Afin que toute forme de prison soit détruite.

Entre-temps, je ne resterai pas immobile et silencieuse, pendant que, dans d’autres prisons, des compas anarchistes font l’expérience de conditions insoutenables.

Davide et Giuseppe luttent pour leurs transferts vers des situations plus supportables. Je suis avec eux.

Pour cela, à partir de lundi 19 octobre, je mènerai une grève de la gamelle, dans la prison de Latina, où je suis enfermée.

Pour un monde sans taules.

Pour la solidarité entre et avec les prisonnier.e.s.

Pour l’Anarchie.

Fra

Pour lui écrire :

Francesca Cerrone

C. C. di Latina

Via Aspromonte, 100

04100 – Latina (Italie)

Posted on 2020-10-25 11:29:48

Commentaires désobligeants (de 2020)

Mon souhait pour 2020

Que vos crimes soient sublimes et que jamais vous ne vous fassiez prendre.

Ying et Yang

Deux forces gouvernent mon univers: la libido et l’inertie. Et quand les deux s’opposent, c’est toujours l’inertie qui gagne.

L’extase de la marchandise

Je n’ai pas accès à des soins de santé mentale adéquats, mais je garde le sourire, car grâce à la main invisible du marché™, j’ai un coussin chauffant électrique, une lampe UV et un magic wand.

L’extase du spectacle

Retour des fêtes: Après deux semaines à fixer d’un regard vide ma famille, quel soulagement de retourner à la normale et de me remettre à fixer d’un regard vide mon écran.

L’inconvénient d’être née

On m’avait pourtant assuré que tout ça finirait par avoir un sens. Or, après 43 ans, il y en a toujours pas – même si la fin est prévisible. Beaucoup de longueurs et d’invraisemblances. Scènes de sexe intéressantes malgré des dialogues laborieux. Casting incongru, jeu d’acteurs maladroit. À fuir. ★★☆☆☆

Prescrivez-moi quelque chose, ça presse

Le niveau d’anxiété que ce monde nous force à endurer s’approche lentement de la dose mortelle.

L’anxiété est une dépossession – dépossession de mon corps et dépossession du présent. Elle m’arrache à moi-même et se manifeste comme une perte totale de contrôle et de mes capacités d’agir, comme un épisode de dépersonnalisation.

Et rien ne me dépossède plus que le travail.

Le niveau d’anxiété que ce monde nous force à endurer s’approche lentement de la dose mortelle.

Lundi matin, six heures

Ne vous levez pas. Il y a un lundi caché sous votre lit.

Analyse littéraire

Une fois qu’on a réalisé qu’Ainsi parlait Zarathoustra est une fanfic, on comprend que Zarathoustra est la Mary-Sue ultime.

Catalogage

Je suis en train de classer mes livres en trois catégories: ceux que je n’ai malheureusement pas lus l’année dernière, ceux que je ne lirai heureusement pas cette année et ceux que je serai heureuse de ne pas avoir lus l’année prochaine (ou l’année d’après).

Espérons-le

Dans le meilleur des cas, l’histoire aura la gentillesse de nous oublier.

Je vais devoir quand même rembourser mon prêt étudiant de la vie

Je suis une étudiante étrangère qui n’a plus les moyens de payer les frais de scolarité de l’école de la vie et qui risque de se faire déporter à tout moment.

Le Tide pod métaphysique

J’ai une montagne de lessive à faire, mais je procrastine en érodant les fondements ontologiques et épistémologiques de mon ego.

Choix de carrière

Devenez autrice! Tout ce que vous avez à faire, c’est écrire des livres – c’est comme des stories Instagram, mais sans images. Si vous avez de la chance, vous pourrez devenir une influenceuse (mais seulement après votre mort).

Médias sociaux

Je me rappelle (vaguement) qu’avant les médias sociaux, il y avait les médias et la société. Ni l’un ni l’autre ne me manque.

La question qui tue (massivement)

La civilisation industrielle ne nous fait pas vivre plus longtemps; elle nous permet juste de mourir plus lentement. Est-ce que ce progrès valait les océans de sang du colonialisme, l’exploitation et la misère humaine ainsi que l’extinction de tout ce qui est vivant ?

Ambition

Je dois être l’écrivaine la moins ambitieuse de sa génération. Je considère que de ne jamais être en nomination pour les prix littéraires est une faveur qu’on me fait — et la pensée qu’on oubliera rapidement mon œuvre dès que je n’aurai plus les moyens de payer mon accès à internet est la seule qui me permet de dormir la nuit.

Technophilie

Les deux certitudes de la gouvernance au xxie siècle:

1. La solution à n’importe quel problème sera toujours technologique.

2. La technologie va toujours faillir de façon inattendue, spectaculaire et catastrophique.

Vote stratégique

Si vous pensez que voter vous permet de « choisir votre ennemi », alors vous avez une conception très étroite de qui est le véritable ennemi.

Dimanche soir, dix-huit heures

Mon dimanche soir souffre de stress pré-traumatique.

v

Noir, si possible

Je suis prête à appeler « amour » tout ce que vous voulez en autant que ce soit recouvert de chocolat.

Érotisme

La différence entre un bon et un mauvais jeu de mots est de la même nature que celle entre l’érotisme et la pornographie – dans le sens que non seulement je suis incapable de la détecter, mais aussi que je m’en moque éperdument.

À quoi bon être une vedette du web

Leçon du jour: les caisses libre-service de l’épicerie acceptent quatre modes de paiement, mais pas le capital culturel.

État policier?

Existe-t-il pire pléonasme que l’expression « travail forcé »?

Si tu veux être heureux (nom de dieu)

Être écrivaine, ce n’est pas toujours facile. Je me dis souvent que mon utilité sociale se résume à pas grand-chose.

Quand ça m’arrive (et pour éviter de sombrer une fois de plus dans la dépression) je pense à mon propriétaire et je me dis qu’après tout, il y a beaucoup plus inutile que moi.

Reprise individuelle du sandwich

La Conquête du pain aurait été un livre pas mal plus court si Kropotkine avait connu les caisses libre-service des épiceries.

J’en aurais fait bon usage

L’ironie de la vie à la campagne : il a fallu que j’habite à trente kilomètres de la plus proche vitrine, avant de me retrouver propriétaire d’une barre à clous géante et d’une masse.

Mort aux monuments

PERSONNE ne mérite une statue.

Un dessin au crayon de cire, oui, un buste taillé dans le beurre à la rigueur, mais pas une statue.

Le pire, c’est que ça fonctionne

Je viens sur Facebook seulement parce qu’il me procure cette douce illusion que mes opinions ne sont pas statistiquement insignifiantes.

Procrastinate me to the end of love

J’avais prévu écrire un essai sur la mort définitive du futur, mais j’ai remis ça à demain.

Mon discours est préparé d’avance

Je ne gagnerai jamais le prix de la gouverneure générale et c’est bien dommage. J’aurais tant aimé le refuser après avoir dit: « Je suis très flattée que la vice-reine ait décidé d’honorer la reine du vice ».

Aie

Quiconque veut mettre le doigt sur LE problème de la société finit toujours par le mettre dans son œil.

Anne Archet, législatrice

Projet pour une nouvelle constitution

Article 1 – Il n’y a plus rien.

Article 2 – Personne n’est chargé de l’exécution du précédent article.

Procrastinate me to the end of love (bis)

L’après-midi est le moment de la journée que je consacre entièrement à me désoler d’avoir perdu mon temps pendant la matinée.

Et maintenant, un mot de nos commanditaires

La condition postmoderne : même notre dernière heure sera entrecoupée de quatorze minutes de publicité.

Anticipation

Après la révolte vient toujours le racket et la récupération. C’est inévitable, ça fait partie de chaque dynamique de lutte, car chaque lutte est aussi un creuset de contradictions qui s’expriment et s’entrechoquent.

Mieux vaut s’y préparer que d’essayer de l’éviter.

Réformisme

Le vandalisme et les casseurs ne nuisent pas à la cause: ils sont la cause.

Le but de l’action directe n’est pas d’exprimer ses doléances et de les faire entendre aux autorités qui nous oppriment (et qui s’en foutent), mais (minimalement) d’établir un rapport de force avec ces autorités. Si les flics comprennent que chaque violence de leur part sera répondue par des nuits d’émeute, peut-être commenceront-ils à réfléchir aux conséquences de leurs gestes. Parce que jusqu’à présent, des conséquences, ils n’en ont pas du tout.

Voilà ce que j’appelle du réformisme digne de ce nom: une façon de tenir en laisse les institutions qui nous oppriment en attendant qu’on les abolisse.

Le dernier mot de la femme invisible

Je n’ai pas de nom, pas de visage, pas de corps, pas de voix. Je ne rencontre personne qui me contacte sur le web. Mon genre est ouvert à la spéculation. Mon existence se résume à des mots affichés à l’écran ou imprimés sur le papier.

C’est le prix que je paie depuis plus de vingt ans pour avoir le privilège d’exprimer mes pensées et mes convictions les plus intimés sans subir de harcèlement et être agressée — sans sombrer dans la folie et être réduite à néant. C’est le prix que je paie chaque jour pour avoir le droit d’exister sans peur sur la place publique — droit dont n’importe quel dude lambda jouit sans le savoir, parce qu’il lui a été octroyé de naissance.

Certains diront que se cacher derrière un masque est un signe de lâcheté. Peut-être, mais c’est surtout pour moi un moyen de survie. Pour paraphraser Oscar Wilde: donnez-moi un masque et je vous dirai la vérité.

Posted on 2020-10-25 18:47:36

Brèves internationales

Iquique (Chili) : l’acharnement finit par payer

Le 18 octobre au Chili se sont déroulées des manifestations dans de nombreuses villes à l’occasion du premier anniversaire de la révolte qui avait éclaté fin 2019. En plus de tout ce qui s’est passé dans la capitale Santiago, comme les deux incendies d’églises, les affrontements avec la flicaille et les pillages, au moins deux événements ont ému les autorités ce dimanche à Iquique, dans la province de Tarapacá.

Le premier s’est produit lorsqu’une voiture a été cramée par des manifestants et que le portail du supermarché Lider a été enfoncé pour le piller, avenida Héroes de La Concepción. Quant au second, il a montré une fois de plus les possibilités offertes aux individus qui ont identifié l’ennemi en se donnant les moyens d’agir, au-delà de la foule qui a notamment procédé à un blocage à hauteur de Pozo Almonte, sur la ruta 5 qui relie la ville portuaire d’Iquique à l’intérieur du pays.

C’est ainsi que plus loin, au nord de la ville du côté de la zone industrielle vers 23h, l’entreprise d’embouteillage Embonor qui opère pour le compte de Coca Cola à travers tout le Chili, a reçu à plusieurs reprise des cadeaux incendiaires sous forme de molotovs lancés au-dessus de ses murs. Si un premier incendie déclenché à l’intérieur a été éteint par les pompiers, qui ont tout de même été retardés par des barricades, les assaillants ne se sont pas découragés pour autant et sont revenus plus tard malgré le couvre-feu en vigueur au Chili* pour recommencer l’opération avec succès.

Face aux flammes dévorant allègrement l’usine, l’armée est alors intervenue à la rescousse de cette dernière en envoyant un canon à eau des Carabineros initialement prévu pour les manifestants, et encore maculé des jets de peinture hostiles de la journée destinés à l’aveugler. Cela n’a pas empêché que les dégâts soient conséquents.

* Pour donner une idée du niveau de contrôle (qui n’a pas réussi à briser la détermination de cette attaque), les carabiniers ont par exemple annoncé avoir procédé à 256 arrestations et 2.658 contrôles de laisser-passer au cours du week-end dans la seule région de Tarapacá afin de faire respecter le couvre-feu lié au coronavirus (23h-5h).

[synthèse de la presse chilienne, 19 octobre 2020]

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-19 23:22:47

Santiago (Chili) : la seule église qui illumine…

Le 18 octobre au Chili se sont déroulées des manifestations dans de nombreuses villes à l’occasion du premier anniversaire de la révolte qui avait éclaté fin 2019 suite à l’augmentation du prix des transports à Santiago avant de se répandre à travers tout le pays en enflammant aussi bien des bâtiments d’État, des partis, de l’université ou des caisses de retraite, que des métros et bus, des antennes de téléphonie et de nombreux supermarchés (après avoir été pillés).

C’est dans ce contexte que ce dimanche à Santiago, 30 000 manifestants se sont réunis dès le début de la matinée dans le centre de la capitale sur Plaza Italia, non seulement pour célébrer l’anniversaire de la révolte, mais aussi en ce qui concerne toute la frange citoyenne et degôche, pour appeler à voter « oui » (« Apruebo») au référendum national du 25 octobre, initialement prévu en avril et reporté pour cause de coronavirus, qui se prononcera à la fois pour ou contre l’abandon de la Constitution héritée de Pinochet, et sur la méthode pour en rédiger une nouvelle *. Cette échéance électorale est un des fruits de la récupération du soulèvement de 2019 par les partis de gauche et de droite réunis dans une même crainte du potentiel insurrectionnel qui couvait au sein de la révolte (et appuyé par de nombreuses assemblées de base), afin de la ramener dans des rails institutionnels.

Mais c’était sans compter sur toutes celles et ceux qui n’entendaient pas clore la révolte sous forme de cérémonie d’enterrement à visée politicienne, mais au contraire la célébrer au présent en la prolongeant pour raviver ses braises. A partir du milieu de l’après-midi jusque tard dans la nuit, et malgré le lourd déploiement policier (40 000 au niveau national), de petits groupes mobiles ont ainsi entrepris de piller des commerces, mais aussi d’incendier deux églises, en se passant de la masse pacifique. Selon le bilan officiel des autorités, ce sont ainsi 15 supermarchés, pharmacies et boulangerie qui ont été pillés dans la capitale, et pas moins de 8 casernes de carabiniers qui ont été attaquées avec des affrontements et des barricades, notamment dans les zones de La Victoria, Cerro Navia, Melipilla, La Granja, La Pintana et Puente Alto. Il y a eu 580 arrestations à travers tout le pays, dont 287 dans la région de Santiago, et au moins 22 carabiniers blessés.

Santiago, 18 octobre, 15h : l’église San Francisco de Borja, consacrée aux carabiniers, est saccagée et incendiée,

Quant à la première des deux églises saccagées et incendiées, ce n’est vraiment pas n’importe laquelle : il s’agit en effet de l’église historique San Francisco de Borja (1876), située en plein centre et spécialement dédiée aux carabiniers, dont personne n’a oublié les assassinats, les tortures et les viols de masse qu’ils ont accompli pendant le soulèvement, mais aussi tout au long de l’année. Tout le monde avait par exemple en tête le jeune manifestant de 16 ans gravement blessé après avoir été poussé d’un pont le 2 octobre dernier par les carabiniers, atterrissant sept mètres plus bas dans le lit quasi à sec de la rivière Mapocho. Pour ravager ce dimanche l’église des forces de l’ordre, des émeutiers s’y sont introduits vers 15h en enfonçant sa porte située à l’arrière, avant de la saccager et d’en vider le contenu pour alimenter des barricades, tout en boutant le feu à ce qui pouvait l’être. Si cet incendie a pu être éteint par les pompiers, cela n’a pas empêché que les dégâts soient importants. La police a annoncé cinq arrestations, une personne à l’intérieur et quatre devant.

Santiago/Providencia, 18 octobre, 20h : la Parroquia de la Asunción après l’assaut iconoclaste des émeutiers

Quant à la seconde, puisque finalement il est bien connu que la seule église qui illumine est celle qui brûle au-delà même de ses liens avec la dictature de Pinochet ** ou de la démocratie des carabiniers, il s’agit de celle de Asunción, située au croisement des avenues Barón Pierre de Coubertin/Vicuña Mackenna, à la limite des communes de Santiago et de Providencia. Dans ce cas, comme rien ne vaut une bonne démonstration de ses capacités édifiantes pour illustrer le slogan attribué à Durruti, les flammes sont parvenues peu avant 20h à grimper jusqu’au sommet, puis à produire le genre de miracle tout sauf fortuit qui a provoqué une immense joie parmi les émeutiers. Aux cris de «Qu’elle tombe ! Qu’elle tombe ! », ils ont pu voir leur fureur iconoclaste être exaucée avec l’effondrement de son clocher en flammes. Cette fois, les quatorze compagnies de pompiers en uniforme dépêchés sur place n’ont rien pu faire pour briser les réjouissances, tandis que ceux de l’ordre social se sont empressés de dénoncer cette attaque, comme Sergio Micco, porte-parole de l’Instituto Nacional de Derechos Humanos (INDH), fustigeant que l’« ordre public est essentiel pour que la démocratie fonctionne et puisse se concilier avec les droits de l’homme ».

De son côté, Celestino Aós, archevêque de Santiago dépité par la destruction en règle de temples du crapaud de Nazareth, a lâché un laconique « la violence c’est le mal ». Quant au ministre de l’Intérieur Víctor Pérez, il s’est livré à un éloge de l’imprévu, en expliquant l’absence momentanée de flics sur place par le fait qu’ils étaient déployés en nombre ailleurs… notamment pour protéger les métros qui avaient été incendiés il y a un an exactement.

Enfin, rappelons que le Chili est un des pays d’Amérique du Sud les plus touchés par le coronavirus et qu’un couvre-feu y est en vigueur depuis des mois de 23h à 5h, ce qui n’a pas empêché la révolte de déployer à nouveau ses ailes, tant il est bien connu que face au virus de l’autorité –religieuse, marchande ou étatique– le feu est un excellent remède…

Notes

* C’est-à-dire techniquement soit pour la mise en place d’une «Convention mixte» composée à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit pour une «Convention constituante» intégralement composée de citoyens spécifiquement élus.

** Le presbytère attenant à l’église de la Asunción fut notamment utilisé comme centre de détention et de torture clandestin sous la dictature militaire.

[synthèse de la presse chilienne, 19 octobre 2020]

Posted on 2020-10-20 00:22:27

Bloquons le Canada

Soumission anonyme à MTL Contre-info

À cette heure au Mi’kma’ki, des pêcheurs commerciaux menacent physiquement des Autochtones dans le cadre d’une campagne d’intimidation et d’harcèlement autour de la prise de homard de subsistance de ces derniers. La violence monte en flèche ces derniers jours et rien n’indique que l’escalade cessera. Des vidéos circulent où on voit la GRC qui permet aux pêcheurs commerciaux de voler ou empoisonner le homard, bruler des véhicules, péter des vitres, jeter des pierres sur des Mi’kmaq et s’en prendre à des chefs et à des femmes.

Quoi de mieux comme exemple du fonctionnement de la race au Canada? L’État protège les grands intérêts commerciaux et se sert des prolétaires blancs comme arme contre la population non-blanche. On trouve d’autres exemples partout au pays.

En aout, le camp à kilomètre 27 sur le Yintah Wet’suwet’en s’est fait incendier et l’État ne lève pas la main pour poursuivre les auteurs, alors que des posts publics sur Facebook font appel à cette action précise.

Au Secwepmeculecw, les Tiny House Warriors subissent un harcèlement quasi permanent de la part de suprémacistes blancs qui sont allés jusqu’à établir un camp et un barbecue à deux pas de femmes et de filles autochtones ainsi que de personnes bispirituelles pour les agresser et intimider.

En territoire algonquin, des chasseurs non-autochtones ne cessent d’insulter et de menacer des Autochtones sur leur propre territoire tandis qu’ils cherchent à protéger les orignaux de la chasse excessive.

En territoire Six Nations, la police harcèle et arrête des Autochtones sans que les gens aux alentours se remuent pour les retenir.

Quand est-ce que trop c’est trop? Pourquoi ne bloquons-nous pas le pays? Ne permettons pas à l’État colonisateur et suprémaciste blanc de poursuivre ses violences sans résistance. Il faut agir. Nous faisons appel aux allochtones et aux sympathisant·e·s d’agir comme bien vous semble partout où vous êtes. Les voies de transport sont vulnérables, nous l’avons bien prouvé au printemps. Pas besoin de beaucoup de monde pour prendre des actions subversives capables d’infliger des dégats immenses à l’État.

Agissons dès maintenant. On attend quoi?

Posted on 2020-10-22 13:52:25

Chili : Tamara Sol est complètement libre

Publicacion Refractario / mercredi 21 octobre 2020

En octobre 2019, après avoir passé près de six ans en prison, accusée de l’attaque du vigile d’une banque, Tamara Sol a pu sortir de la taule de Llancahue, à Valdivia, pour passer en « liberté conditionnelle ».

En octobre 2020, après avoir été soumise pendant un an à diverses mesures restrictives, mais dehors, la compagnonne Tamara Sol a réussi a en finir avec cette « mesure alternative », ayant purgé la totalité de sa peine.

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Posted on 2020-10-22 16:04:51

Malmö (Suède) : cramer les voitures des riches

Combien de Tesla ont brûlé dans cette concession ?

Turbo, 22 octobre 2020 (extrait)



Le centre Tesla de Malmö, en Suède, a été touché par un incendie ce mercredi 21 octobre. Si le bâtiment principal n’a pas été touché, 7 véhicules ont été détruits dans lors du sinistre, décrit comme un acte « potentiellement volontaire » par les autorités.

L’incendie qui a sévi dans la concession Tesla de Malmö n’a heureusement fait aucune victime. Les dégâts matériels, en revanche, sont assez importants et concernent principalement les véhicules qui se trouvaient dans une zone de stationnement. Six Model S et une Model 3 ont été détruites, dans un espace pourtant vaste, de plus de 300 m2. Ce qui laisse les pompiers intervenus penser qu’il s’agit d’un acte délibéré, compte tenu de la disposition des lieux : aucune chance qu’un véhicule mette le feu à un autre, stationné à proximité.

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-23 07:26:43

Naples (Italie) : le couvre-feu sent le brûlé

Belga/AFP, 24 octobre 2020

La Campanie, région du sud-ouest de l’Italie fait l’objet de nouvelles mesures restrictives visant à endiguer une hausse rapide de la courbe des contaminations. Mais le couvre-feu (23h00 à 05h00) instauré vendredi et la crainte d’un nouveau confinement ont d’ores et déjà suscité un vent de colère dans la région, se traduisant par des manifestations avec quelques débordements.

Vers 23 heures, plusieurs centaines de personnes, souvent jeunes, ont allumé des fumigènes, incendié des poubelles et lancé des projectiles sur les policiers antiémeute déployés dans le centre-ville. Des appels avaient été lancés sur les réseaux sociaux pour défier le couvre-feu également en vigueur dans les régions de Rome et de Milan.



Le sous-secrétaire du ministère de l’Intérieur, Carlo Sibilia, a notamment relayé une vidéo où plusieurs véhicules des forces de l’ordre sont pris à partie. « Les commerçants, les barmans, les entrepreneurs, les ouvriers, ne protestent pas de cette manière », écrit-il, qualifiant les auteurs des violences de « criminels ». Cette vidéo en agrège plusieurs sur différents moments de cette soirée d’affrontements. Le Premier ministre y est insulté et associé au dictateur Benito Mussolini, au pouvoir de 1922 à 1945.

Le gouvernement italien prépare en ce moment un nouveau décret renforçant les mesures déjà prises. Parmi les hypothèses de travail, les bars, glaciers, pâtisseries et restaurants devraient fermer le week-end ainsi qu’en soirée à partir de 18 heures (ou 20 heures, l’horaire est en discussion) en semaine. Salles de sport et piscines seront aussi fermées. Il sera aussi sans doute recommandé d’éviter les déplacements hors de sa commune de résidence.

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-24 16:07:04

Brèves de l'ennemi

Le chiffre du jour : 3019 amendes en deux jours

Couvre-feu : déjà 3019 verbalisations et 19 300 contrôles

AFP, 19 octobre 2020 (extrait)

Ce lundi soir, sur le plateau de TF1, Gérald Darmanin a annoncé que le couvre-feu destiné à lutter contre le Covid-19 a donné lieu à « 3019 verbalisations ». « Il y a eu 19 300 contrôles », a aussi révélé le ministre de l’Intérieur sur TF1, évoquant des vérifications effectuées par les forces de l’ordre auprès de « citoyens mais aussi des contrôles d’établissement ».

Depuis samedi minuit, il est interdit de se déplacer entre 21h et 06h en Île-de-France et dans les métropoles de Lyon, Lille, Toulouse, Montpellier, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Rouen et Grenoble. Comme pendant les semaines de confinement du printemps, les personnes sortant pendant le couvre-feu doivent se munir d’attestations de déplacements, et ce, uniquement si elles ont des raisons valables de se déplacer – travail, proche à l’hôpital, etc.

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-19 00:25:10

Affiche : Mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès en Itaie

reçu par mail / jeudi 22 octobre 2020

Une adaptation en français de l’affiche pour la mobilisation en solidarité avec les anarchistes qui passent en procès en Italie cet automne.

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Posted on 2020-10-22 16:04:10

Le chiffre du jour : déjà 4777 amendes pour non-respect du couvre-feu

Jeudi 22 octobre, en plus d’avoir placé sous couvre-feu 38 départements supplémentaires plus la Polynésie (soit 54 sur 102 en tout, et 46 millions d’habitants), précisant également que « des mesures beaucoup plus dures » pourraient suivre, le Premier ministre Castex a annoncé que 32 033 contrôles ont déjà été effectués, et 4 777 verbalisations adressées pour non-respect du couvre-feu.

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-23 07:13:44

Calais: la saga des expulsions continue

Hier matin, le 22 octobre 2020, la préfecture du Pas de Calais a encore procédé à l’expulsion et à la destruction massive d’un campement. Il s’agissait du lieu de vie nommé « Unicorn jungle », où (sur)vivaient près de 300 personnes exilées, d’après la distribution de tentes faite par Utopia 56, une semaine auparavant. Encore une fois, les associations dénoncent la brutalité et l’inefficacité de ces opérations. Ces dernières ne respectent pas les droits fondamentaux des personnes exilées.

Les associations dénoncent la violation du droit d’aller et venir des personnes exilées. Encore une fois, une dizaine de bus avaient été affrétés pour les emmener vers une destination inconnue. Les autorités ont procédé à une opération de « mise à l’abri » d’au moins 190 personnes. Une « mise à l’abri » d’hommes, mais également de femmes et d’enfants. L’inutilité de cette opération de « mise à l’abri » se constate, notamment, par la fréquence de ces opérations.

Les associations dénoncent le caractère forcé de ces opérations. À partir de 7h20 du matin, les forces de l’ordre ont débarqué avec leur armada habituelle (gendarmerie nationale, police nationale, police aux frontières, BAC, …). Le consentement et la volonté des personnes exilées n’est absolument pas pris en considération. En effet, une véritable chasse à l’Homme a été opérée pour tenter de faire disparaître les personnes exilé-e-s. Le procédé est toujours le même : lorsqu’un bus arrive les personnes exilées sont escortées par la police, les empêchant de partir.
Les associations dénoncent la violation du droit de propriété des personnes exilées. Les personnes sont expulsées sans même pouvoir prendre le temps de rassembler leurs affaires qui leurs sont confisquées ou jetées.
Plusieurs heures encore après l’opération, la violence se ressent lorsque l’on se rend sur ce campement. Une poêle de riz encore pleine est sur le feu, des chaussures traînent ici et là, une tente, des bidons d’eau, un tee-shirt d’une petite fille, une couverture, …
Les associations dénoncent l’absence de respect au droit à la vie privée et familiale des personnes exilées. L’équipe de Human Rights Observers a pu relater une scène percutante pendant laquelle des forces de l’ordre ont refusé un homme de rejoindre sa famille dans un bus.
Les associations dénoncent l’absence du droit au contradictoire. En effet, plusieurs heures après, une seule page de l’ordonnance sur requête trône ostensiblement au milieu du lieu de vie. Il s’agit de la base légale de l’expulsion avec une autorisation au recours à la force publique. Ce procédé permet d’outrepasser le droit au contradictoire des personnes exilées. Les mêmes motifs sont réutilisés à chaque fois : salubrité publique, sécurité publique et troubles à l’ordre public.

Encore une fois, les associations dénoncent la brutalité et l’inefficacité de ces opérations. Les associations dénoncent la violation des droits fondamentaux des personnes exilées, non exhaustivement cités.


Les sans papiers en France: https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/topic/sans-papiers
Des squats en France: https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR/squated/squat
Des groupes en France: https://radar.squat.net/fr/groups/country/FR
Des événements en France: https://radar.squat.net/fr/events/country/FR


Passeurs d’hospitalités, le 23 octobre 2020 https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2020/10/23/a-calais-la-saga-des-expulsions-continue/

Posted on 2020-10-23 08:50:04

Montreuil, Bagnolet et Paris : Quelques photos d’un collage de soutien aux 7 de Toulouse et contre la gentrification de nos quartiers

reçu par mail / samedi 24 octobre 2020

A l’image de ce qui a été fait à Marseille et à Lille mi-octobre (et sûrement ailleurs), nous nous sommes balladé.es dans Montreuil, Bagnolet et autour du quartier Sainte-Marthe à Paris pour retapisser les murs.

On a collé des affiches contre la gentrification, et les fameuses affiches « le feu tue les virus brûle ton comico », « ne relevons pas l’économie détruisons-la ! », « avec ou sans masques ce monde est irrespirable, détruisons ce qui nous étouffe », etc.

L’État pense que voir nos compagnon.nes enfermé.es pourrait nous décourager. Grave erreur, c’est tout le contraire. Penser à elleux nous donne de la force et de la déter.
D’ailleurs, on a été particulièrement bien accueilli.es dans certains quartiers de Montreuil, ou pas mal de gens semblaient partager notre haine des taules et du capitalisme.

On pense évidemment aux enfermé.es d’Italie, du Chili, d’Allemagne. Et de partout ailleurs. On finira bien par brûler toutes les prisons (et tous les comico), demain ou après-demain.

Encore une fois, contre les juges les flics et les maton.nes, CRÈVE L’AUTORITÉ!!
Crève les taules, actuelles et à venir !
Force aux copaines à l’ombre et à celles qui se battent à l’extérieur.

 

Posted on 2020-10-25 11:32:17

Brèves nationales

Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme) : la cage technologique perd un de ses barreaux

Saint-Donat-sur-l’Herbasse : un feu détruit une voiture et un bâtiment appartenant à Orange

Dauphiné Libéré, 19 octobre 2020

Il était un peu plus de minuit dans la nuit du dimanche à lundi 19 octobre lorsque les sapeurs-pompiers ont été appelés pour un feu de voiture à Saint-Donat-sur-l’Herbasse.

L’incendie durant lequel ils ont lutté pendant deux heures a entièrement détruit le véhicule et un bâtiment attenant de chez Orange de 60 m2. Ce matin les lieux sont toujours sous surveillance. 1500 clients n’ont plus accès à leurs services fixe et internet à Saint-Donat-sur-l’Herbasse, Bren et Marsaz. Le réseau mobile est également très perturbé dans le secteur de Saint-Donat-sur-l’Herbasse, Ratières, et Bren.



1500 clients privés de téléphone et d’internet en Drôme des collines après un incendie

France Bleu, 19 octobre 2020

C’est un feu de véhicule qui est à l’origine de ces perturbations. Un peu après minuit dans la nuit de dimanche à lundi, les pompiers ont été appelés à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme) pour un feu de voiture qui s’est ensuite propagé à un bâtiment appartenant à Orange situé juste à côté. Ce bâtiment de 60 mètres carrés qui sert de raccordement aux abonnés de l’opérateur a été entièrement détruit.

1500 clients sont affectés par ce sinistre pour internet et le téléphone fixe dans les communes de Saint-Donat-sur-l’Herbasse, Bren et Marsaz. Le téléphone mobile est aussi interrompu ou fortement dégradé à Saint-Donat-sur-l’Herbasse, Ratières et Bren. Les équipes d’Orange sont mobilisés sur place depuis lundi matin mais il va falloir sans doute plusieurs semaines pour un retour à la normale car il s’agit là, non pas de travaux de réparation mais de reconstruction. Une enquête est en cours pour savoir si le feu de véhicule est d’origine accidentel ou criminel.

1.Ce que l'on ne peut nommer. Ex: cet amour sans nom pour la liberté ne trouvait d'égal que dans la haine contre toute autorité. 2.dont le nom n'est pas connu. Ex: ce sabotage mené par d'obscurs sans noms pourra appartenir à tous ceux qui le partagent. 3.D’une telle gravité que cela dépasse toute qualification. Ex: la simple vue d'un uniforme provoquait immédiatement un dégoût sans nom chez tout être doué de sens.

Posted on 2020-10-20 06:46:24

Face au couvre-feu, partageons nos digicodes !

Face au couvre-feu, pour continuer d’organiser la solidarité à la Guillotière et ses alentours, l’initiative « Immeubles Ouverts » propose de recenser collectivement un maximum de digicodes pour les rendre accessibles à toutes et tous via une carte en ligne.

Alors qu’un couvre-feu stupide et arbitraire nous est imposé pour au moins un mois depuis samedi soir, organisons la solidarité de quartier !

Parce que cette mesure est scandaleuse et autoritaire, que le virus circule bien plus dans les entreprises, usines, écoles (qui, elles, restent ouvertes) que dans la rue à 4h du matin. Parce que nous refusons de sacrifier nos loisirs alors qu’on nous impose de continuer le travail... Préparons la désobéissance !

Pouvoir accéder aux halls d’immeubles peut permettre de faciliter des déplacements nocturnes en ayant de nombreuses possibilités de refuges. Cela permet aussi aux sdf d’avoir moins de chances de se prendre des amendes parce qu’iels sont dehors ou encore laisser l’accès aux poubelles remplies d’invendus pour les plus précaires d’entre nous, voire même plein d’autres possibilités qu’il nous reste à inventer... bref, toujours plus de bonnes raisons de lâcher son digicode dans cette carte collaborative !

Attention toutefois à ne pas publier d’informations pouvant mettre des personnes en danger (exemple : le digicode d’entrée d’un bâtiment dont les habitant-e-s sont menacé-e-s par les flics ou autres personnes mal-intentionnées) et à prendre toutes les précautions nécessaires pour vos déplacements (lavage de mains, gel désinfectant, masque, gants, ne pas sortir si vous avez les symptômes ou si vous avez été en contact avec quelqu’un les ayant...) pour limiter au maximum les risques de propagation du virus, afin de protéger les personnes les plus fragiles.

Renseignez dans ce formulaire la ou les adresses et digicodes que vous connaissez dans le quartier :
https://framaforms.org/immeubles-ouverts-guillotiere-1584445898

La carte est régulièrement mise à jour et accessible à ce lien

See full screen

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Posted on 2020-10-20 18:06:09

Carapatage, une nouvelle émission de radio contre les prisons

Carapatage, c'est une émission contre les prisons, la repression et le controle à travers l'actualité de l'enfermement mais aussi son histoire, en racontant les luttes à l'intérieur et à l'extérieur en échangeant ce qu'on a vu, lu et entendu. Carapatage, c'est tous les 1er et 3e mercredis du mois de 20H30 à 22H30, sur radio libertaire, 89.4 FM

Depuis début octobre, vous pouvez retrouver une nouvelle émission de radio anticarcérale sur les ondes.
On peut l'écouter sur 89.4FM (reçue dans les prisons d'Île-de-France) le 1er et 3e mercredi du mois à 20h30 et la réecouter en podcast, quand on veut.

Dans Carapatage, on parle de l'enfermement au sens large, dans les prisons, les CRA, les hôpitaux psychiatriques ou les lieux d'enfermement pour mineurs. On parle aussi de l'enfermement et du contrôle qui se prolongent à l'extérieur, avec les peines « alternatives » ou le flicage des institutions.

Podcast de la première émission (7/10) disponible, prochaine émission mercredi 21 octobre !

Où nous trouver :

Posted on 2020-10-21 08:47:16

Paris : Pillage organisé au Naturalia !

Indymedia Nantes / jeudi 22 octobre 2020

Dans la journée du 25 Septembre, nous avons volé en masse et tout.e.s ensemble un Naturalia, chaîne de magasin Bio, situé près des Buttes Chaumont à Paris.



Pillage organisé au Naturalia !

Dans la journée du 25 Septembre, nous avons volé en masse et tout.e.s ensemble le Naturalia, chaîne de magasin Bio, situé près des Buttes Chaumont à Paris.

Voler nous permet de sortir du rôle assigné, quotidien et passif devant ces rayons remplis de centaines de produits qu’on ne pourra jamais se payer. Voler permet de s’en extirper, aux yeux des autres mais aussi dans notre propre tête. Quoi de plus grisant que de déborder de ce cadre qui nous broie et d’apercevoir les visages choqués des bourgeois quand tu sors sans payer, le sac plein de bouffe. Voler redonne un peu de prise sur nos vies souvent dans l’urgence de la débrouille. Et le faire ensemble intensifie tout ça. Si nous avons choisi de nous organiser ensemble pour ce pillage et non d’aller voler chacun-e dans notre coin, c’est parce que nous ne sommes pas égales face au vol, à la traque des vigiles en terme d’apparence ou de charge mentale. Et nous trouvons qu’il est fortement politique de créer un rapport de force qui ne repose pas sur les aptitudes individuelles.

Nous avons choisi Naturalia parce que voler bio nous a paru une bonne vengeance. Tous ces produits qu’on nous présente comme « bon pour la santé et la planète », si tant est qu’on leur reconnaisse ces qualités, ne sont accessibles qu’aux personnes friquées. C’est une entorse aux convenances quand nous débarquons, en prenant ce qui ne nous est pas destiné. Nous aussi voulons nous faire plaisir et manger des produits qui sortent de l’ordinaire. Sans vouloir prôner une consommation plus accessible car ce n’est pas le monde qu’on veut. En attendant les magasins bio contribuent à la gentrification des quartiers, participant toujours à exclure les pauvres. Sans parler des conditions de travail dans ces magasins à l’image dorée, où ces employé.e.s sont obligé.e.s en plus de leur taf de base de convaincre les client.e.s de l’éthique de la marque et avec le sourire ! Ajoutons les techniques managériales qui poussent à a la dépression, la démission, l’aspect colonial de l’économie et de la production de produits issus de ressources volées et importés de l’autre bout du monde ou encore les quantités inimaginables de bouffe jetée à la poubelle chaque jour. Une pensée chaleureuse aux grévistes des biocoops. Le prix de la bouffe bio c’est le prix payé pour s’acheter une bonne conscience et l’argument moralisateur de la consommation éthique est toujours assez proche quand on parle bio.

Nous encourageons à organiser des expropriations et à filer les marchandises à des évènements politiques qui nous tiennent à cœur, à redistribuer où tout garder pour nous pour toutes les raisons qu’on peut imaginer.

Et parce que chaque chaîne de magasin est une cible potentielle quand bien même il serait moins coûteux d’y faire ses courses, et que nous partageons les motivations à s’attaquer à la propriété privée, nous soutenons les attaques d’un Lidl à Athènes, en juillet (1) et septembre (2) dernier, en soutien à l’expulsion su squat Tera incognita à Thessalonique et à la future intervention contre la Liebig 34 à Berlin, « des vitrines coûteuses. Rien que des miettes dans leur bilan, jusqu’à ce que ce genre d’action soit réalisée fréquemment ».

Nous pensons aussi à ces personnes qui ont fait de la taule, pour avoir volé du pain en République tchèque et partageons l’appel du Magpie project (3) à faire des auto-réduction en masse. Car partout le vol est réprimé, qu’il soit individuel, spontané lors d’une émeute ou organisé comme celui-là.  » Nous ne paierons pas ce qui nous a été volé » La guerre de classe fait rage et nous savons pertinemment depuis quel camp nous nous situons.

Exproprions, exproprions, exproprions !

1 https://actforfree.nostate.net/?p=38388

2 https://attaque.noblogs.org/post/2020/09/22/athenes-grece-revendication-de-la-degradation-dun-supermarche-lidl/

3 https://magpie.noblogs.org/

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Posted on 2020-10-22 16:11:51

Visite nocturne à la mairie de Villepinte contre le projet de nouvelle prison

Article Global Valide publié le samedi 24 octobre 2020 à 00:05 | .

Le 16 octobre était prévu à la mairie de Villepinte une permanence de la commissaire enquêtrice liée au projet d'agrandissement de la prison de Villepinte sur la commune voisine de Tremblay-en-France, avec 700 nouvelles places. L'idée d'un nouveau lieu d'enfermement et tout le vernis démocratique qui l'entoure nous insupportent, alors on a décidé de participer à l'enquête publique, mais à notre manière.

Le  16 octobre était prévu à la mairie de Villepinte une permanence de la commissaire enquêtrice liée au projet d'agrandissement  de la prison de Villepinte sur la commune voisine de Tremblay-en-France, avec 700 nouvelles places. L'idée d'un nouveau lieu d'enfermement et tout le vernis démocratique qui l'entoure nous insupportent, alors on a décidé de participer à l'enquête publique, mais à notre manière.

La veille, nous avons saboté les serrures de plusieurs portes ( super glue + étain), et redécoré les murs du bâtiment (dont la façade) :

"Pas de nouvelle prison, déjà tant à détruire"

"On dialogue pas avec les commissaires"

"Trrremblay, contructeurs de prisons !"

"Crève la taule"

"Feu aux prisons"

Ce projet de taule n'en est qu'à ses débuts, ça laisse plein d'occasions pour l'attaquer !

Cette taule s'inscrit dans un plan de construction de nouvelles prisons un peu partout en France.

Pour toute personne malintentionnée, un aperçu des projets en cours par ceux qui les commandent : http://www.apij.justice.fr/

Faisons les trramblay !

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Posted on 2020-10-23 22:05:35